De la victoire électorale à la structuration politique : le grand chantier de la GMD

L’impératif du parachèvement de la création du parti politique GMD (Génération pour la Modernité et le Développement)Les élections législatives et communales viennent de tourner, avec elles, la dernière page de la transition guinéenne. Le pays s’est doté d’institutions élues, d’une Assemblée nationale installée, de conseils communaux en place. La Guinée entre enfin dans le temps normal des institutions. Mais un chantier essentiel reste, lui, inachevé : celui de la transformation du Mouvement Génération pour la Modernité et le Développement en véritable parti politique.Cette œuvre n’est pas nouvelle. Elle a été engagée, portée, défendue. Elle a connu des hésitations, des reports, des divergences d’appréciation sur le rythme et la méthode. Ces divergences étaient compréhensibles dans le feu de la bataille électorale. Elles ne sont plus de mise aujourd’hui. Le scrutin est passé. La GMD a été portée par les électeurs à une majorité parlementaire large. Il n’y a désormais plus aucune raison valable de continuer à gouverner, légiférer et administrer les communes du pays au nom d’un mouvement, quand tout commande de le faire au nom d’un parti pleinement constitué, structuré et légalement reconnu.Ce chantier a un visage : celui d’Amadou Oury Bah, désigné Coordonnateur général chargé de conduire la transformation du Mouvement GMD en parti politique par un communiqué officiel du Président de la République Mamadi Doumbouya, lu le 26 juillet 2026. Ce n’est pas une mission improvisée. C’est un mandat officiel, assumé publiquement, qui s’inscrit dans la vision politique et stratégique du chef de l’Etat et celle de la continuité d’un travail engagé depuis l’émergence du Mouvement.Ce mandat s’appuie sur une confiance qui ne s’est jamais démentie. Nommé Premier ministre en février 2024, reconduit à ce poste après l’élection présidentielle de janvier 2026 et confirmé de nouveau en juillet 2026. À chaque étape charnière de la vie institutionnelle du pays, le choix du Chef de l’État s’est porté sur le même homme. Cette continuité n’est pas un hasard de circonstance. Elle est le signe d’une relation de confiance réciproque entre le Président de la République et son Premier ministre Amadou Oury Bah, une confiance qui doit aujourd’hui trouver son aboutissement naturel dans l’achèvement de l’œuvre mpour laquelle ce mandat a précisément été confié : la création du parti politique GMD.Le signal le plus fort de cette dynamique est venu de l’UDRG elle-même, le parti historique de Amadou Oury Bah. Réunie en Assemblée générale extraordinaire le 14 février 2026, l’UDRG a souverainement décidé de se fondre dans la GMD pour n’en faire qu’une seule et même entité politique. Cette décision a été réaffirmée sans ambiguïté dans un communiqué officiel du parti, publié le 16 juillet 2026, qui rappelle que la fusion est d’ores et déjà vécue dans les faits par l’ensemble des structures de l’UDRG, et que seule la finalisation juridique du processus de transformation de la GMD en parti politique reste à parachever. C’est là un engagement clair, réitéré, porté par les instances mêmes du parti : l’UDRG n’a qu’une seule parole, et elle entend la tenir.Au-delà de la symbolique politique, il y a une exigence de cohérence institutionnelle. Un mouvement n’a ni la même portée juridique, ni la même capacité d’action structurée qu’un parti politique légalement constitué. Un parti dispose d’une personnalité juridique propre, d’organes statutaires stables, d’une discipline de groupe parlementaire clairement encadrée par la loi, d’une capacité à engager sa responsabilité et à structurer durablement l’action de ses élus. Un mouvement, par nature plus souple, plus large, plus horizontal, se prête mal à l’exercice rigoureux d’une majorité parlementaire appelée à voter les lois, contrôler l’action gouvernementale et animer les conseils communaux sur l’ensemble du territoire.Or les institutions de la Cinquième République sont désormais installées. La GMD dispose d’une majorité parlementaire conséquente et pilote une grande partie des exécutifs communaux issus du dernier scrutin. Conduire cette majorité et cette action locale dans le cadre juridiquement flou d’un mouvement, alors que le pays a précisément besoin de stabilité institutionnelle après des années de transition, relèverait de l’incohérence. La création du parti n’est donc plus seulement souhaitable : elle est devenue une nécessité fonctionnelle pour que l’action parlementaire et communale de la majorité s’exerce dans un cadre structuré, cohérent et pérenne. La Guinée entre dans une phase décisive de mise en œuvre de son programme de développement, au premier rang duquel figure le grand chantier Simandou 2040, dont l’ambition engage le pays sur une génération.Un tel programme exige une majorité parlementaire disciplinée, un ancrage territorial solide jusque dans les communes, une capacité de mobilisation et de traduction législative rapide des priorités gouvernementales. Rien de tout cela ne peut reposer durablement sur les fondations, par définition provisoires, d’un mouvement.Il serait injuste, et politiquement incompréhensible, de laisser inachevée une œuvre dont l’architecte a fait la preuve, mandat après mandat, de sa capacité à la conduire à son terme. Amadou Oury Bah conjugue une expérience politique forgée sur plusieurs décennies, une expérience institutionnelle consolidée à la tête du Gouvernement à travers les étapes les plus délicates de la transition et de son achèvement, et une expérience diplomatique reconnue qui a permis à la Guinée de tenir son rang dans un environnement régional exigeant. Cette triple expérience fait de lui, aujourd’hui plus qu’hier, l’homme le mieux placé pour parachever la mission que le Président de la République lui a confiée dès l’origine.Le temps de la transition est clos. Celui de la construction institutionnelle durable a commencé. La GMD doit désormais franchir le pas qui sépare le mouvement du parti, pour que la majorité présidentielle dispose enfin de l’outil politique à la hauteur des responsabilités que les électeurs viennent de lui confier. Ce pas, tout indique qu’il est prêt à être franchi. Il ne reste plus qu’à le faire.

Par Mamoud Condé