Interview avec Dr Ben Youssouf Keita, Président du parti Alliance pour le Changement et le Progrès, ACP

Interview

Dr Ben Youssouf Keita, Président du parti Alliance pour le Changement et le Progrès, ACP

La rentrée scolaire est fixée le 3 octobre, mais elle est sous menace de boycotte par les enseignants contractuels. Ceux ci exigent leur intégration à la fonction publique. Quelles sont vos impressions ?

Mes impressions sont celles d’un citoyen inquiet, parce que parent d’élèves d’une part, et d’autre part leader politique dans une situation inconfortable. «C’est un problème auquel il fallait s’attendre parce qu’il y a un dialogue de sourds entre autorités et collectif des enseignants contractuels. Nous voyions le problème arrivé et avons tiré la sonnette d’alarme car nous sentions que les deux parties n’arrivaient pas à s’entendre sur l’essentiel.
Il faut savoir que ces braves enseignants contractuels qui, aux moments difficiles des grèves des titulaires, ont sauvé l’année scolaire menacée, méritent qu’on satisfasse à leurs réclamations logiques et justifiées. Quand vous avez travaillé, vous méritez votre salaire. C’est votre droit absolu. Je demande humblement au département titulaire de cette corporation se donner les moyens pour régler la facture (Salaire et arriérés de ces enseignants contractuels). Œuvrons tous ensemble pour le règlement heureux de cette discorde afin d’entamer l’année scolaire 2023- 2024 sur des chapeaux de roues.
Quand vous avez travaillé vous vous attendez à un salaire et c’est un droit d’avoir le salaire, vous avez accompli votre devoir, votre droit vous devez le réclamer. Une fois de plus je demande au ministère de l’éducation de l’enseignement pré-universitaire ainsi que celui de la fonction publique de se donner les moyens afin de régler ce problème de salaire et des arriérés de ces enseignants contractuels pour que l’année scolaire 2023-2024 ne soit pas émaillée encore de problèmes et qu’elle démarre sur des chapeaux de roues.

Aujourd’hui les syndicats et le gouvernement sont en négociation sur certains points, notamment les 100% demandés par le syndicat et 12% proposés par l’État

«Oui vous savez j’ai été syndicaliste pendant 15 ans dans une importante société minière à l’époque et pendant 15 ans (AREDOR), je sais que la technique de négociation est de demander beaucoup pour avoir une chance d’obtenir un résultat où on passera pas pour ridicule.
Ils ont demandé 100% le gouvernement a proposé 12% , alors ils faut s’asseoir au tour d’une table pour conclure les négociations avant l’ouverture officielle des classes le 03 Octobre 2023.

Pour l’intégration à la fonction publique, le Ministre annonce des concours régionaux. Qu’en pensez-vous ?

«Oui, si le problème des salaires impayés et arriérés, est évacué, c’est à dire les droits des contractuels concernés satisfaits, c’est normal de passer par le test car nous avons besoin de la qualité. la quantité est importante mais pas plus que la qualité qui est fondamental dans l’éducation. Ils peuvent pas se soustraire à ces tests, pourvu que tout le processus soit fait dans la transparence, l’équité et la crédibilité.

Le Président Doumbouya est aux Etats-Unis pour assister à une grande cérémonie. Qu’en dites-vous ?

Pour moi, «C’est un honneur pour la Guinée, car quelles qu’en soient les conditions, nous sommes tous un et indivisibles. À l’interne nous pouvons avoir des différents, discuter, se donner des coups, mais une fois à l’extérieur, nous sommes et nous devons rester un et indivisibles.
Le chef de l’état va au nom de la République de Guinée. Pour le moment c’est lui le 1 er magistrat de la république, même s’il est venu par un coup d’État, mais c’est lui le chef de l’État c’est lui qui a aujourd’hui le pouvoir discrétionnaire de prendre des décrets et qui sont appliqués. Voilà c’est lui qui gère aujourd’hui la vie de la nation et c’est lui qui dirige la politique guinéenne. Les Nations-Unies parlent au nom de la Guinée, nous voulons qu’il parle bien et qu’il vende très bien l’image de la Guinée»

Vous avez pris part au cadre de dialogue, voyant ce qui s’est passé est ce que le CNRD est capable d’organiser les élections en 2024 ?

«Nous n’avons pas pris part au cadre de dialogue parce que nous n’avons,pour le moment accepté de faire partie de quelque coalition politique que se soit, En tant qu’observateur et en tant que politique nous savons que le CNRD a la volonté. Mais il ne s’agit pas, que d’avoir la volonté, il faut aussi avoir les moyens, ainsi nous tous. Donnons nous les mains avec la communauté internationale pour que les moyens nécessaires soient obtenus, mis à la disposition du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation en charge des élections. Le CNRD doit se mettre à quatre afin qu’il organise des élections libres transparentes dont les résultats seront acceptés par tous, parce que ce sera des élections inclusives et exemplaires.

 

Tahiré Baldé pour Presse des Jeunes.