Fête de l’Indépendance : Jules Doré invite la jeunesse à devenir actrice du développement national


À quelques heures de la célébration du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, notre rédaction a reçu en interview M. Jules Doré, né et ayant grandi à Dixinn.
Administrateur civil, consultant international en éducation et culture accrédité par le British Council, expert en communication politique et marketing, Jules Doré est également secouriste-formateur à la Croix-Rouge guinéenne, au sein du Comité communal de la Croix-Rouge de Dixinn, dans le département Catastrophe.


Engagé dans des initiatives à caractère social et communautaire, il mène des activités en faveur de la jeunesse et du développement local à Dixinn et dans plusieurs autres localités du pays.
À l’occasion de cette fête nationale, le jeune leader revient sur la portée historique du 2 octobre, les défis auxquels la jeunesse guinéenne est confrontée et sa responsabilité dans la construction de la Guinée de demain.
1. Que représente pour vous le 2 octobre, date anniversaire de l’indépendance de la Guinée ?
Le 2 octobre 1958 n’est pas une simple date dans notre calendrier. C’est l’acte de naissance de notre dignité.
Il représente le courage historique du peuple de Guinée qui, sous la direction du président Ahmed Sékou Touré, a osé dire « non » à la domination pour dire « oui » à la liberté. C’est le jour où la Guinée a choisi d’être elle-même.
Pour moi, en tant que jeune leader issu de Dixinn, le 2 octobre représente à la fois une dette et un devoir : une dette envers nos devanciers qui ont consenti d’énormes sacrifices, et un devoir de ne jamais trahir les idéaux de souveraineté, d’unité et de panafricanisme. C’est notre boussole.
2. Soixante-huit ans après l’indépendance, quel regard portez-vous sur la situation actuelle de la jeunesse guinéenne ?
Soixante-huit ans après, mon regard est à la fois lucide et plein d’espoir pour notre beau pays, la Guinée.
Lucide, parce que notre jeunesse reste confrontée à d’immenses défis. Mais plein d’espoir, parce que je vois une jeunesse guinéenne debout, consciente, talentueuse et résiliente.
Une jeunesse qui n’attend plus tout de l’État, mais qui veut également contribuer à la construction de la nation.
Le choix des plus hautes autorités de placer cette année la jeunesse au cœur du thème de la fête de l’indépendance est, à mes yeux, un choix qui mérite d’être salué. Il confirme ce que nous avons toujours défendu : la jeunesse n’est pas le problème, elle fait partie de la solution.
Elle doit être au cœur de toute stratégie de développement durable.
3. Quelle doit être la responsabilité des jeunes dans la construction de la Guinée de demain ?
La responsabilité de la jeunesse est, selon moi, triple.
Premièrement, une responsabilité citoyenne : préserver la paix, l’unité nationale et nos valeurs. Sans paix, rien n’est possible.
Deuxièmement, une responsabilité liée à la formation et au travail : refuser la facilité, se former, innover et entreprendre.
La Guinée de demain ne se construira pas seulement dans les discours. Elle se construira dans les ateliers, les champs, les laboratoires et les entreprises.
Troisièmement, une responsabilité d’engagement : s’investir dans sa communauté, son quartier et sa commune.
C’est ce que j’ai modestement appris en servant au sein de la commune de Dixinn. On ne construit pas un pays en restant spectateur ; on le construit en servant.
4. Quels sont, selon vous, les principaux défis de la jeunesse : emploi, formation, entrepreneuriat, citoyenneté ?
Tous ces défis sont liés. Mais, pour moi, le défi central reste l’adéquation entre la formation et l’emploi, ainsi que l’accès aux opportunités.
Notre jeunesse est formée, mais elle se retrouve souvent confrontée à un manque de débouchés. Elle est courageuse et souhaite entreprendre, mais elle manque parfois de financement, d’accompagnement et d’encadrement.
C’est pourquoi les actions doivent être concrètes et de proximité.
À mon humble niveau, et pour contribuer à immortaliser ce 2 octobre dans la ferveur, j’ai tenu à accompagner la jeunesse de Dixinn à travers un don de T-shirts afin de célébrer ensemble notre nation.
Ce n’est pas la valeur matérielle du geste qui compte, mais son symbole : être aux côtés de la jeunesse, célébrer avec elle et lui montrer qu’elle n’est pas seule.
C’est ensemble, autorités et jeunesse, que nous pourrons transformer nos défis en opportunités et contribuer à bâtir une Guinée émergente.
Bonne fête de l’indépendance à toutes et à tous. Vive la jeunesse guinéenne ! Vive la Commune de Dixinn ! Vive la Guinée !